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Céramique d'Art : Centres de formation et d'enseignement

Musée National de Céramique-Sèvres, Sèvres (France)

Introduction aux collections

Le musée national de Céramique est le musée de la céramique, de toutes les céramiques. Qu'est-ce à dire ?

La céramique (du grec keramos :argile), est un produit en argile, qu'elle soit naturelle ou fruit d'un mélange plus ou moins savamment composé, ayant subi une transformation physico-chimique irréversible au cours d'une cuisson lui conférant une dureté caractéristique.
Le fondateur du musée, Alexandre Brongniart, était un technicien de la céramique. Aussi l'a-t-il classée en fonction de la technique,  critère toujours en usage aujourd'hui et qui repose sur le degré de porosité ou d'imperméabilité de la céramique.

En 1996, Françoise Cachin, alors directeur des musées de France, décida de confier à la direction du musée national de Céramique la gestion d'une enveloppe financière annuelle permettant l'achat de céramiques contemporaines sans devoir consulter le Comité des conservateurs, l'acquiescement de celui-ci se faisant désormais a posteriori, par le vote de nouveaux crédits l'année suivante.

Depuis cette date, le musée a donc pu acquérir sans contrainte une collection de ces artistes céramistes dont le mode de travail est une véritable révolution par rapport à toutes les conditions traditionnelles de production céramique. Leur grand ancêtre fut Jean Carriès (1855-1894) qui, à la vue des grès japonais présentés à Paris lors de l'Exposition universelle de 1878, voulut les imiter d'une part et en utiliser, d'autre part, la technique pour créer des œuvres résolument européennes (la porte de la bibliothèque destinée à contenir le manuscrit du Parsifal de Wagner, en l'occurrence : restée inachevée, des éléments en sont conservés par le musée du Petit Palais, à Paris). Bien des artistes le rejoignirent, l'imitèrent, prolongèrent son œuvre après sa mort. Les collections du musée de Sèvres, dans ce domaine, sont relativement importantes, grâce à des achats effectués à l'époque par la manufacture de Sèvres et grâce aux acquisitions de l'État pour le musée du Luxembourg. Ces collections furent ensuite reversées au musée national d'Art moderne, qui en déposa un grand nombre au musée de Sèvres dans les années 1960, avant de se séparer, en 1981, des objets les plus remarquables en faveur du musée des Arts décoratifs, bien que celui-ci ne soit pas un musée national.
Ainsi le musée a-t-il pu acquérir cinq cents pièces en une vingtaine d'années et cette collection n'est pas plus achevée que l'histoire de la céramique elle-même. Si certaines lacunes restent à combler, ce fonds est unique en son genre : parmi les musées français, seul le musée Joseph-Déchelette, à Roanne, a constitué à grand peine une collection importante de céramique contemporaine.

Depuis 2002, les collections se sont enrichies (dons et achats confondus) d'une quarantaine de céramiques de Robert Deblander, qui représente dignement l'histoire du grès au cours de ces cinquante années. Pour le Midi, la généreuse donation d'une centaine de pièces (céramique, porcelaine décorée et verre confondus) de Jean-Paul van Lith, augmentée d'achats importants, joue le même rôle.

Cette politique d'acquisition n'aurait pu être mise en œuvre sans l'appui de Daniel et Michèle Sarver. Leur galerie ouverte de 1976 à 2003 a été le centre parisien des collectionneurs, le point de jonction entre les artistes et les amateurs exigeants. Daniel Sarver, sait mieux que tout autre suivre l'évolution des artistes, dans chaque « genre », exiger d'eux le meilleur, refuser le médiocre.
D'autres galeries, au premier chef la galerie Capazza à Nançay et la galerie Pierre à Paris, de fondation plus récente, ont également participé à ce travail.
Aussi, pour chaque pièce, le mode d'acquisition qui a permis son entrée au musée est-il systématiquement noté dans l'inventaire.
D'autres galeries encore, disséminées dans toute la France, ont accompli un travail admirable, ce qui explique en partie pourquoi le musée a privilégié les pièces achetées à des galeries plutôt que directement auprès des céramistes, qui ne sont pourtant pas sous contrat.

Le Comité des conservateurs, supprimé en janvier 2004, a été remplacé par des commissions d'achats spécifiques pour chaque musée ou groupe de musées. Le musée national de Céramique à Sèvres relève désormais d'une commission qui regroupe également le musée de Cluny – musée national du Moyen Âge, le musée de la Renaissance du château d'Écouen, le musée national Adrien-Dubouché, à Limoges. Cette commission, ainsi que le Conseil des musées de France, dont le rôle a été maintenu, a déjà bien voulu acquérir tout un ensemble de grès de La Borne pour le musée de Sèvres et accepter la fabuleuse donation que M. Maurice Lambiotte a effectuée en 2004 en faveur du musée de Limoges.

Les expositions de céramiques contemporaines au musée de Sèvres

Un bref survol des expositions organisées au xxe siècle par le musée montre l'intérêt croissant manifesté par celui-ci envers les créations actuelles.

En 1963, Henry-Pierre Fourest, conservateur du musée, sous la direction de Pierre Verlet, conservateur en chef du département des Objets d'art du musée du Louvre, consacrait une exposition aux grès contemporains. Que s'y passa-t-il pour que H.-P. Fourest ait pu en conclure définitivement que « la céramique française a disparu en 1789, avec la Monarchie française » ? Nous n'avons à ce sujet qu'un seul témoignage oral, celui de Robert Deblander, qui, dans un éclat de rire, déclara : « Mais nous avons été odieux. »
Et l'accueil fait à cette exposition de céramique, à l'intérieur même des musées nationaux, a sans doute été plus que réservé : l'art contemporain ne correspond jamais à ce que l'on attend de lui !

En 1968, le musée accueillit une exposition des faïences de Francine Del Pierre, voulue par André Malraux. Le malentendu fut complet : l'artiste, décédée durant l'exposition, et ses amies attendirent en vain un achat, ; le conservateur du musée espérait, pour sa part, un don en remerciement.

Depuis le début des années 1980, plusieurs expositions de céramiques contemporaines notables se sont succédé. L'exposition « De la terre et du feu : cinq potiers contemporains », en 1983-1984, permit de mieux connaître l'œuvre de Pierre Bayle, René Ben Lisa, Claude Champy, Jean Girel et Daniel de Montmollin. Par la suite, la place de la céramique contemporaine se précisa comme le montre le catalogue Nouvelles acquisitions (1979-1989), publié en 1989 à l'occasion d'une exposition, qui comptait quatre-vingt-dix-sept céramiques contemporaines. En 1999-2000, l'exposition « L'Art de la terre vernissée du Moyen Âge à l'an 2000 », confrontait la production historique et la production contemporaine. Celle-ci connaît aujourd'hui un essor certain et le musée de Sèvres fit alors l'acquisition de la majeure partie des pièces actuelles exposées. Enfin, les expositions des œuvres de Roger Capron en 2003 et de Jean Derval en 2004 ont montré ce qu'a été le style des années 1950 dans le sud de la France.

À la suite de l'exposition « Terre contemporaine, terre de liberté. Cinquante ans de céramique française (1955-2005). Une collection nationale », présentée en 2005 au musée de Céramique, ce catalogue en ligne marque une nouvelle étape en vue de mieux faire connaître les artistes et leurs œuvres. L'ensemble des acquisitions de céramique contemporaine effectuées par le musée national de Céramique au cours de ces vingt-cinq dernières années, soit plus de cinq cents pièces, sont répertoriées ici, qu'il s'agisse d'achats, de legs, de dons, de reversements, de dépôts… Sous forme brève, les notices qui reprennent en partie les informations du catalogue de l'exposition sont complétées par les biographies des céramistes.

La céramique s'est fait l'écho en temps réel des crises historiques : dans les années 1945-1950 la production resplendit de la paix retrouvée. Elle est suivie par un long tunnel de deuil, qui s'assombrit sans cesse de 1955 à 1980, lorsque la réalité de la guerre est connue. Puis surgit un regain de bonheur avec la génération née en 1945 qui pouvait jouir de la vie sans complexe particulier.
En temps réel par rapport à la réalité historique, mais avec un décalage par rapport aux « arts majeurs », ou plutôt par rapport à l'art officiel, la céramique a abandonné la tristesse pratiquement au moment où les ceux-ci s'adonnaient à la dérision, moteur essentiel de leur inspiration. Mais cette dérision est ancienne, elle date de 1918… et depuis ce 11 septembre fatal où le xxe siècle a pris fin, emporté dans la chute des deux tours new-yorkaises, la dérision semble dépassée.

Auteur : Antoinette Faÿ-Hallé
© Réunion des musées nationaux - 2007

Atelier bilingue
Pour les enfants de 8 à 12 ans
Pendant les vacances scolaires (sauf été), le musée propose sur réservation, des ateliers bilingues, anglais - français, où les enfants voyagent à travers des objets étonnants.
Une façon originale et ludique de pratiquer une langue étrangère tout en se cultivant.

Ateliers de peinture sur porcelaine
Dans le cadre du musée est dispensé un enseignement de peinture sur porcelaine, destiné aux amateurs. L'accent est mis sur les techniques traditionnelles de la peinture sur porcelaine. L'essence grasse est employée. Les cours sont donnés à des groupes restreints à six élèves pour un professeur . Chaque cours dure trois heures, au rythme d'un cours par semaine pour une session d'un trimestre scolaire. Des stages d'une semaine complète  sont également organisés à l'occasion des vacances scolaires.

Musée national de Céramique, Sèvres
Place de la manufacture
92310 SÈVRES
Tél. : 01 41 14 04 20
Fax. : 01 45 34 67 88
E-mail : musee.sevres@culture.gouv.fr